Parmi les pièges que tend la langue au novice comme au copywriter chevronné, le mauvais usage des expressions françaises occupe une place de choix. Comment éviter l’erreur?

Lorsque, dans les années 90, la marionnette de Richard Virenque lance aux Guignols de l’Info son célèbre « à l’insu de mon plein gré« , toute la francophonie s’esclaffe.

De nombreux journalistes feront par la suite usage de cet excellent « running gag » pour souligner avec ironie le peu de crédit qu’ils accordent à telle ou telle déclaration. Mais si le détournement des expressions françaises est parfois voulu, il est hélas le plus souvent involontaire. Et personne ne semble à l’abri d’une bourde. Prenez par exemple cette interview accordée par Frédéric Beigbeder au journal Sud Ouest. Le romancier y déclare : « Internet, c’est l’empire de la méchanceté, de la bêtise ; n’importe quel abruti a droit au chapitre ». Qui est responsable de l’erreur? Le romancier français ou le journaliste?

Je doute, donc je suis

Oups! © FotoliaPour éviter les pièges, une seule solution: vérifier, et plutôt deux fois qu’une. Le doute systématique doit être votre arme. Méfiez-vous en particulier de vos propres certitudes, ce sont les plus dangereuses. Foi de copywriter!Quel que soit le coupable, l’erreur est là, et manifestement le journal a décidé de ne pas la corriger, puisqu’elle est toujours en ligne. Le rédacteur en chef soutiendrait-il son journaliste et entendrait-il souligner avec ironie la maladresse de l’écrivain? La plupart des rédactions disposent en effet d’un secrétariat de rédaction charger de veiller à l’orthodoxie grammaticale et syntaxique des textes. Les correcteurs qui y travaillent bénéficient même parfois d’une renommée particulière, comme ceux du Monde, qui ont leur propre blog. Cela dit, ils exercent en général plutôt leurs talents sur les épreuves « papier » de leur employeur: une fois imprimée, une faute devient hélas éternelle.

Une arme indispensable

Si vous ne disposez pas de l’excellent correcteur orthographique Antidote, un excellent ouvrage devrait vous aider dans votre tâche: [amazon asin=2849023175&text=Le Robert des expressions et locutions]. Non seulement il vous renseignera sur la formule exacte à employer, mais il vous fournira également ses usages les plus courants. De quoi éviter à coup sûr le faux pas. Si l’origine de l’expression vous intrigue et que le Robert reste muet, deux autres livres satisferont votre soif de connaissance: [amazon asin=2253027049&text= »La puce à l’oreille: Anthologie des expressions populaires avec leur origine », de Claude Duneton] et [amazon asin=22530270492754006346&text= »À la queue leu leu: origines d’une ribambelle d’expressions populaires », de Gilles Guilleron]. Si vous êtes un amoureux des mots, le livre de Duneton vous ravira. L’auteur travaillé comme un bénédictin pour retracer les premières occurrences des expressions, les fausses explications qu’elles ont reçues au fil des années, des décennies ou des siècles, et une foule d’anecdotes croustillantes. Un régal!

Rions un peu

Pour clore ce chapitre, voici une série d’expressions françaises dévoyées que nous avons collectées au fil de nos lectures et de nos conversations. Saurez-vous retrouver les formules correctes?

Comme vous pouvez le constater, un accident est vite arrivé! Si vous ne voulez pas que vos textes ne tournent « en noeud de boudin« , soyez donc attentifs!