Média sociaux et ressources humaines, mode d’emploi

Posté par le 24 Mars 2012 dans Blog, Communication et Marketing

L’omniprésence et la personnalisation des réseaux sociaux en font de redoutables outils de marketing. Mais ces mêmes caractéristiques les rendent aussi risqués pour l’entreprise, et font trembler les responsables RH. Comment les apprivoiser ? Quelques règles de base devaient vous aider à mieux les apprivoiser.

 

1°) N’ignorez pas les réseaux sociaux

 

Vous le savez, la politique de l’autruche n’a jamais été profitable à qui que ce soit. Aujourd’hui, d’après une étude menée par le bureau de recherches InSites Consulting, 64% des Belges utilisent aujourd’hui les sites réseaux sociaux. Ils sont aujourd’hui 4,8 millions sur Facebook, le plus populaire d’entre eux.

Comme les réseaux sociaux représentent à la fois un risque et une opportunité pour votre organisation, les ignorer présente un double inconvénient:

  • vous vous coupez de leur potentiel en termes de marketing et de relations publiques
  • vous ne contrôlez pas les risques potentiels qu’ils peuvent représenter

Quelle place occupent aujourd’hui les média sociaux dans la vie des internautes?

Pour vous en faire une idée plus précise, jetez un oeil sur cette présentation du bureau InSites Consulting.

 

2°) Renseignez-vous sur le cadre juridique

 

Il n’existe pas de législation spécifiquement orientée vers les réseaux sociaux. Cependant, de nombreux principes juridiques de base qui régissent les relations entre travailleurs et employeurs peuvent s’appliquer à leur usage. Parmi les éléments dont vous devrez tenir compte, en voici trois dont vous devez absolument être conscients:

Les propos tenus sur les réseaux sociaux ne sont pas nécessairement publics

L’idée peut sembler contre-intuitive, mais de nombreux réseaux, dont Facebook, permettent de limiter la diffusion des propos aux contacts directs de leur auteur. C’est la différence entre les “amis” et les “amis d’amis“: dans le premier cas, les propos sont privés, alors que dans l’autre ils sont publics. Pour prendre une analogie parlante, c’est la différence entre dire une phrase lors d’une conversation avec ses amis, attablé dans un bar, et hurler la même phrase à la cantonade de sorte que tous les clients du bar l’entendent. La jurisprudence existante tend d’ailleurs à suivre cette distinction.

Parler en mal de son employeur n’est pas nécessairement répréhensible

De la même manière qu’ils font la différence entre propos “publics” et “privés” sur les réseaux sociaux, les tribunaux font une différence entre les propos dénigrants dont l’intention est de salir la réputation d’une organisation ou d’un des ses membres (“mon chef est un con”) et de “simples” propos négatifs (“m…, me suis encore pris la tête avec mon chef”).

Vous ne pouvez pas interdire à vos collaborateurs de parler de vous sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ne sont qu’un des lieux d’interaction entre vos collaborateurs et leur entourage, proche ou lointain. De la même manière que vous ne pouvez pas leur interdire de parler de vous lors d’un repas au restaurant ou d’une soirée entre amis, vous ne pouvez pas leur interdire toute mention de votre entreprise sur Facebook, Twitter ou LinkedIn.

Vous ne pouvez pas “espionner” leurs propos sur les réseaux sociaux

Même si cela semble contre-intuitif, les emails envoyés par vos collaborateurs à partir de leur adresse professionnelle sont considérés comme privés. Les consulter sans leur autorisation constitue une violation de la loi. Mutatis mutandis, cette règle s’applique aux conversations tenues sur les réseaux sociaux. Sauf, bien sûr, si vous faites partie des “amis” de vos collaborateurs.

 

3°) Encadrez l’usage des réseaux sociaux

 

Mieux vaut prévenir que guérir. Puisque vous ne pouvez pas interdire à vos collaborateurs de parler de votre organisation, autant encadrer leur usage des réseaux sociaux. La majorité des organisations dispose aujourd’hui d’une “Internet Policy” qui encadre l’utilisation d’internet sur le lieu de travail. PDès lors, pourquoi ne pas rédiger une “Social Media Policy” ? Cette démarche vous permettra à la fois de:

  • conscientiser vos collaborateurs : mieux au fait des opportunités et des dangers de leur usage des réseaux sociaux, vos collaborateurs sauront se montrer plus prudents
  • poser des balises : en établissant clairement les règles du jeu, vous procurez à vos collaborateurs un cadre dans lequel ils peuvent inscrire leur action sur les réseaux sociaux
  • vous protéger: si un litige devait survenir, les tribunaux se montreront sensibles aux efforts de prévention mis en place. En clair, on ne pourra pas dire que vos collaborateurs n’ont pas été prévenus.

Cet encadrement ne doit pas nécessairement prendre une forme exclusivement négative, comme une liste de choses à ne pas faire. N’oubliez pas que les réseaux sociaux constituent aussi une opportunité de générer un capital-sympathie pour votre organisation.


Vous cherchez l’inspiration pour rédiger vos Social Media Guidelines ?

Tirez parti de l’expérience d’autres organisations! Voici un répertoire des règles conçues et mises en place par de grandes entreprises américaines. Vous y trouverez certainement une source d’inspiration pour alimenter vos réflexions.

Inspirez-vous par exemple de cette excellente présentation conçue par le groupe Sodexo à l’intention des ses collaborateurs, et diffusée sur YouTube.